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L’évènement « mort de Ben Laden » est typiquement un « piège à opinions publiques ». Il renvoie aux fantasmes des uns et des autres et non à un processus rationnel. Et ce pour plusieurs raisons :

 

1. La réalité et la nature de Ben Laden sont depuis longtemps un immense sujet de controverse.

 

2. L’annonce de sa mort n’est accompagnée d’aucune preuve, ni sur le où, ni sur le comment, ni sur le quand (on peut supposer qu’il était mort depuis des années et qu’on orchestre sa mort aujourd’hui, ou bien qu’il n’existe pas et qu’on utilise son fantasme à des fins politiques ou autres,... tout est envisageable sans éléments objectifs et rationnels).

 

3. Tout ce qui implique l’immense appareil des services secrets/spéciaux US est condamné à appartenir à une zone obscure où motivations, méthodes, finalités sont totalement opaques, même pour une partie des dirigeants US. Cela ne milite évidemment pas en faveur d’analyses objectives et rationnelles.

 

On doit donc appliquer la méthode d’analyse du “trou noir” à ce type d’évènement. On analyse alors plutôt ses conséquences, ses effets sur son environnement. Et on s’arrête là. Les historiens dans l’avenir auront peut-être plus d’informations en ce qui concerne l’évènement lui-même.

 

Et comme 90% des décisions US se font pour des raisons purement intra-washingtoniennes, mesurons les conséquences de cet « évènement » sur deux questions particulières :

 

1. À la veille d’élections cruciales, la côte de popularité (catastrophique) d’Obama.

 

2. Dans ce contexte de crise financière, les (très difficiles) discussions sur la réduction nécessaire du budget militaire US (qu’une réduction de l’engagement en Afghanistan contribuerait à faire baisser fortement) que refusent les lobbies militaro-industriels.

 

Pour finir, n’oublions pas que le Printemps arabe et son visage « laïque » et « populaire » avaient déjà en fait ‘liquidé Ben Laden’ (comme le soulignait le 04/05/2011 l’éditorial du Temps de Tunis), ou tout au moins son utilité médiatico-politique d' « incarnation de masses musulmanes prêtes à tuer au nom d'Allah ».

 

Quand un instrument ne sert plus et devient même encombrant,
généralement on s'en débarrasse vite, n’est-ce pas ?

 

(MAP Juillet 2011 - Une publication quadrimestrielle de LEAP)

Retour sur la « mort de Ben Laden »
Tag(s) : #International

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