Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Face aux pouvoirs des oligarchies financières qui décident de tout, à quoi servent les élections auxquelles on nous demande de participer ? Quel crédit peut-on encore accorder au « jeu » démocratique et son « cinéma » électoral…

goldman.jpg

On savait que les lobbies industriels et financiers décidaient in fine de la politique du pays et que nos élus, de droite et de gauche, n’étaient que de simples exécutants, interchangeables à souhait.

Mais cela ne suffit plus, nos oligarques ont décrété que ces élus du peuple n’avaient même plus la compétence d’exécuter leurs directives, alors ils prennent les manettes, sans même passer par la case « élection ».

La politique est ainsi une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux mains d’élus du peuple !

Pendant que les citoyens s’inquiètent pour leurs emplois et de la mise en place de nouvelles politiques d’austérité, pendant que nous nous agitons en période pré-électorale pour désigner le président qui sera l’esclave des intérêts de ces grandes banques, les couloirs du pouvoir de l’eurozone ont traversé une transformation stupéfiante.

L’ascension de Mario Monti au poste de Premier Ministre en Italie est exemplaire. D’abord parce que, en plein milieu d’une Europe dite « démocratique », l’oligarchie financière a réussi à imposer un pouvoir de technocrates non élus, les règles normales de la démocratie en Italie ont été tout simplement suspendues ! Et ensuite parce que c’est un ex-conseiller international de la banque d’affaires Goldman-Sachs qui arrive aux manettes d’un pays occidental.

Cette banque d’affaires (elle n’est pas la seule) a décidé d’investir tous les vrais centres de pouvoir du monde occidental afin d’influer pour ses intérêts. On la surnomme aux Etats-Unis, la « pieuvre-vampire ». Malgré son implication évidente dans la crise des « subprimes » ou son rôle néfaste dans la crise financière grecque, impunie, elle poursuit son expansion fulgurante.

Ainsi, la Banque Centrale Européenne (BCE) est sous direction d’un ex-Goldman Sachs, et les anciens employés de cette banque sont, en fait, dans les couloirs du pouvoir de presque toutes les nations européennes et nord-américaines. Jusqu’à très récemment la section européenne du FMI était aussi dirigée par un ex-Goldman Sachs.

Pendant des années, ces grandes banques privées ont recruté de nombreux dirigeants politiques influents à leur sortie des affaires publiques. Aujourd’hui, ils sont renvoyés aux postes-clés des gouvernements et institutions financières. Comme M. Monti, Mario Draghi, nouveau président de la BCE, a fait des allers-retours entre son gouvernement et la banque d’affaires Goldman-Sachs.

On comprend que ce va-et-vient donne le tournis à ces dirigeants et qu’ils finissent par confondre l’intérêt de leurs peuples et ceux de l’oligarchie financière.

A la veille de ces élections, on nous propose donc de changer de Président, mais c’est finalement tout le système qu’il faudrait changer.

Car que penser d’un système démocratique qui met au pouvoir des personnes qui n’ont plus la capacité de décider ?

Que dire d’un système où ceux qui décident réellement ne sont jamais élus ?

Que dire d’un système où une infime minorité de personnes (certaines dans l’anonymat), à travers les agences de notation, les « marchés », les banques privées, sont les véritables décideurs de toutes politiques sociales et économiques d’une nation ou d’un continent ?

Ce que nous vivons n’est pas seulement une crise économique, c’est une véritable crise de l’idée démocratique.

Alors, aujourd’hui, « pour qui voter ? » n’est plus la bonne question.

La question est : « pourquoi voter ? »

Yamin Makri

« Pour qui voter ? » n’est plus la question
Tag(s) : #Réflexions

Partager cet article

Repost 0