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Il fut un cartésien désabusé, dit-il.

Mal-vivre du déséquilibré ? Peut être.

Voici le "Je pense donc je suis" en quelques vers.

 

Il fut d'abord un cartésien illuminé, déclare-t-il.

Riche du dehors, mais miné du dedans.              

Aujourd'hui, il craque, il crack sa vie, à pleine dent.

 

Il devint vite un cartésien désemparé, avoue-t-il.

Le jour, philosophe des lumières, et la nuit, poète des ténèbres.

Aujourd'hui, il broie du noir et les chimères qu'il célèbre.

 

Puis il devint un cartésien rassuré, ironise-t-il.

Il pense donc il est, mais en fait... il n'en savait rien.

Aujourd'hui, peut être, il faudrait qu'il ait plus, plus de biens.

 

Il devint alors un cartésien assumé, prétend-t-il.

Il pense et il prend, et en maître, il règne.

Aujourd'hui, il possède. Mais pour avoir, il malmène.

 

Il devint ensuite un cartésien redouté, prévient-il.

Il pense et il hait, alors il se trahit mais préfère le taire.

Aujourd'hui, il bat Des-cartes et, si nécessaire, croise le fer.

 

Puis il devint un cartésien égaré reconnait-il, mais surtout pas coupable clame-t-il !

Philosophe des plaisirs, parfois immondes, et poète décadent de la guerre des ondes.

Aujourd'hui, il manipule les voix et les croix pour refaire son monde.

 

Enfin il devint un cartésien repenti, car maintenant il sait, conclue-t-il.

Il voit son pouvoir qui a détruit tous ses beaux rêves d'hier.

Aujourd'hui, il croit toujours savoir mais pointe ses limites et ses travers.

 

"Je pense donc je suis", belle trahison !

Triste, il bat Des-cartes,

Pour ne plus penser et s'oublier.

 

"Je pense donc je suis", belle illusion !

Amer, il bat ses cartes,

Pour ne plus être et s'oublier.

 

"Je pense donc je suis", il a alors compris.

Des cartes truquées, un "je" tronqué.

Dans notre double jeu se logeait déjà nos trahisons !

 

"JE pense donc JE suis", il a enfin compris.

Descartes trompé au jeu truqué.

Dans son double "je" se logeait déjà ses illusions !

 

Mais il a baissé les armes, et c'est bien là le drame.

Il abat alors son "je" et perd. C'était son Heure.

Il abat alors son jeu et meurt. C'était hier.

 

Il fut un cartésien désabusé, et il n'est plus des nôtres.

Le "Je pense donc je suis" en quelques vers.

Le "Je pense donc je suis" pour tous les autres.

 

                                                                                   Yamin Makri

Le Double jeu du cogito
Tag(s) : #Poésie

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