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money.JPGLa conception d'un individu libre dépendant seulement de son environnement et de ses «besoins» biologiques n'est qu'un mythe. L'individu est avant tout un individu social qui dépend de rapports sociaux qu'il crée lui-même mais qui le dépassent.

 

 

Et les rapports sociaux ne sont pas uniquement des « moyens » permettant de répondre aux différents «besoins» de l'individu. Les rapports sociaux, l'individu social les construit, les organise et lui donne un sens auxquels toute la collectivité se reconnaît. Ce sont ce qu'on appelle "les fétiches sociaux" au travers desquels l'individu social se perpétue.

 

Les hommes agissent collectivement au travers de fétiches sociaux qui dynamisent et déterminent les individus. Marx remarquait ainsi que : « les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas comme ils le veulent []. La tradition de toutes les générations passées pèse comme un cauchemar dans le cerveau des vivants ».

 

L’être humain est donc sans cesse confronté à sa réalité sociale, quil ne cesse de créer mais qui lui apparaît pourtant comme naturelle et indépassable. Les hommes organisent leurs rapports sociaux pour se conformer à leurs fétiches sociaux qui ensuite rétroagissent sur les individus en déterminant leurs propres rapports sociaux.

 

Dans les sociétés anciennes comme dans les sociétés modernes, lindividu social est toujours lindividu aux fétiches sociaux. Seul la nature des fétiches sociaux changent. Auparavant, la collectivité s'organisait autour des Traditions ou de croyances religieuses qui faisaient sens. Aujourd'hui, c'est la marchandise, l'argent ou plus précisément le cycle de la valorisation du Capital, le profit.

 

Ce sont les nouveaux fétiches du monde industrielle, de notre monde. Et, contrairement à ce que nous prétendent les économistes, l'homme moderne ne «produit» pas ses innombrables biens uniquement pour satisfaire ses besoins (se nourrir, se loger, se vêtir, etc). Il le fait d'abord pour répondre aux injonctions de ces nouveaux fétiches sociaux (le culte de la marchandise et du profit) qui donnent sens àsa vie individuelle et collective. Du consommateur au producteur, du patron au travailleur, nous sommes tous soumis aux fétiches de l'argent et de la marchandise.

 

L'Occident s'est ainsi débarrassé de l'aliénation du dogme clérical pour tomber dans celui du fétichisme de l'argent. D'un culte vers un autre. Le problème, c'est que le monde s'occidentalise. On ne peut même plus fuir...

 

Yamin Makri

La "liberté" de l'individu est un mythe
Tag(s) : #Réflexions

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