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Le pauvre, le dominé et l'exploité avant d'être une simple victime est d'abord un être de dignité. Le jeune chômeur de la banlieue qui galère, la femme voilé qui n'étudie plus, le gazaouis ou le combattant du Chapas qui ont pris le chemin de la résistance armé, les irradiés de Fukushima, les manifestants du Caire, de Madrid ou d'Athènes, la mère célibataire au travail précaire sont tous des êtres de dignité qui vivent la résistance au quotidien.

Quand on parle de dignité et quand on arrête de se définir (ou de définir l'autre) en victime, le regard sur soi et sur les autres changent radicalement.

Déjà, on ne parle plus à la 3ème personne mais on dit "nous", car nous sommes tous concernés par la dignité : noir ou blanc, riche ou pauvre, homme ou femme.

Puis dans notre permanente prétention à vouloir incarner la "vérité", on arrête de vouloir réfléchir pour les autres, sans les autres pour finir par agir contre les autres.

Ensuite, l'être digne ne quémande pas sa dignité, il résiste pour préserver son autonomie, et comprend que derrière "l'adaptation" ou "l'intégration" se cache l'humiliation ou la capitulation.

L'être digne, souvent très seul, ne compte que sur Dieu. Car il peut être triste mais jamais malheureux. Car le malheur, ce n'est pas la pauvreté, l'exclusion, ou la répression. Non, le malheur, c'est accepter l'humiliation. Et l'être digne, malgré son dénuement, est souvent plus libre que celui qui l'exploite ou le martyrise.

Enfin, l'être digne est indépendant d'esprit, et malgré ses souffrances s'autorise à remettre en question toutes ces "vérités" que nos "amis" si prompts à vouloir nous aider voudraient nous inculquer : laïcité, démocratie, progrès...

Car l'être digne s'en remet au Tout-Puissant et il n'a pas peur de l'avenir. Il est libre.

Yamin Makri

Etre de dignité avant d'être victime
Tag(s) : #Réflexions

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